Comprendre
le SAOS
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
Le Syndrome
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, fréquemment abrégé SAOS ou SAS, se caractérise par des pauses respiratoires d’au moins 10 secondes pendant le sommeil.
Ces obstructions des voies aériennes supérieures peuvent être complètes (apnées) ou partielles (hypopnées). Elles peuvent se produire plusieurs centaines de fois par nuit et provoquent des micro-éveils qui fragmentent le sommeil et l’empêchent d’être réparateur.
La personne atteinte d’apnées n’a pas toujours conscience de ces micro-éveils, mais ces évènements sont généralement associés à d’importants ronflements et ont un impact considérable sur le système cardiovasculaire.
Les Symptômes
L’apnée du sommeil est souvent repérée par l’entourage, qui peut observer des pauses respiratoires ou être gêné par des ronflements bruyants. Toutefois, de nombreux symptômes peuvent être évocateurs d’un SAOS :
une somnolence excessive en journée
une fatigue persistante malgré un repos suffisant
des difficultés de concentration et des troubles de la mémoire
des sensations d’étouffement ou de suffocation pendant le sommeil
des sueurs nocturnes
des envies fréquentes de se lever pour uriner la nuit (nycturie)
des maux de tête au réveil
une irritabilité, des troubles de l’humeur, voire une dépression
une baisse de la libido
Les Conséquences
Lorsqu’il n’est pas traité, le SAOS peut affecter de nombreux aspects de la vie (voir symptômes précédemment listés). Un sommeil de mauvaise qualité peut engendrer des troubles cognitifs, des problèmes de concentration, d’humeur, de la fatigue ou de la somnolence durant la journée… Mais au delà de ces désagréments quotidiens, l’apnée du sommeil non traitée est aussi associée à des risques importants pour la santé, notamment :
un risque d’accidents de la route jusqu’à 15 plus élevé
une augmentation du risque d’accidents du travail
un risque accru de maladies cardiovasculaires
une augmentation du risque d’obésité et de diabète de type 2
Les Facteurs de Risques
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), environ 4% de la population française serait touchée par l’apnée du sommeil, et seuls 15% des cas seraient actuellement diagnostiqués. Cependant, des études récentes suggèrent que ces chiffres pourraient même être significativement sous-estimés.
L’âge est un facteur de risque majeur. Après 65 ans, plus de 30% de la population peut être affectée par le SAOS, notamment en raison de la perte de tonus musculaire. Le SAS ne concerne toutefois pas uniquement les personnes âgées et toucherait
près de 8% des adultes âgés de 20 à 44 ans
environ 20% des 45-65.
Les hommes sont globalement plus touchés que les femmes, même si cet écart tend à diminuer avec l’âge. Après la ménopause, le ratio est d’à peu près 1 homme pour 2 femmes.
Certaines caractéristiques anatomiques et habitudes de vie augmentent aussi le risque de développer une apnée du sommeil :
mâchoire étroite, prognathisme, langue volumineuse
surpoids ou obésité
hypertrophie des amygdales ou des végétations chez l’enfant
consommation d’alcool
prises de certains médicaments ou somnifères
position durant la nuit (dormir sur le dos favorise les apnées)
Le Diagnostic
La polysomnographie, souvent abrégée PSG, est le moyen de référence le plus fiable pour diagnostiquer un SAOS suspecté. Elle peut être réalisée en laboratoire du sommeil ou, dans certains cas, à domicile. Elle fournit des informations précises sur la qualité du sommeil. Cet examen consiste à enregistrer et analyser différents paramètres durant la nuit tels que les cycles de sommeil ou l’activité cardiorespiratoire. Il permet au médecin de confirmer la présence d’apnées mais aussi d’estimer leur sévérité.
La polygraphie nocturne (PG) est un examen plus simple, qui enregistre les signaux cardiorespiratoires pendant au moins 6 heures. Les capteurs sont en général posés en cabinet médical, mais l‘enregistrement est le plus souvent réalisé à domicile. Même si la polygraphie est moins complète que la polysomnographie, elle est souvent la première méthode de diagnostic utilisée du fait de sa simplicité et de son confort.
Si vous pensez souffrir d’apnées du sommeil, parlez-en à votre médecin, ou commencez par remplir l’échelle de somnolence d’Epworth.
Le Traitement
Le traitement par PPC (Pression Positive Continue) est actuellement la méthode la plus efficace pour contrôler l’apnée du sommeil, avec des bénéfices largement supérieurs à ses contraintes.
Un appareil à PPC délivre un flux d’air continu dans les voies aériennes supérieures durant le sommeil pour les maintenir ouvertes et rétablir une respiration normale. Le dispositif comprend une machine reliée à un masque nasal ou facial via un tuyau.
Une fois prescrite, la PPC est installée au domicile du patient apnéique par un prestataire de santé, qui joue un rôle clé dans l’éducation thérapeutique, l’accompagnement et le suivi du traitement.
Dès la première nuit d’utilisation, les apnées et les hypopnées sont significativement réduites ou éliminées, entraînant immédiatement un sommeil de qualité et une réduction progressive des symptômes diurnes.
Une orthèse d’avancée mandibulaire peut être prescrite comme alternative dans les formes légères ou modérées, ou si la PPC est mal tolérée. Ce dispositif repositionne la mâchoire inférieure afin de maintenir les voies aériennes ouvertes durant le sommeil.
Enfin, une chirurgie peut être considérée dans certaines conditions spécifiques, en particulier en cas de particularités anatomiques. L’opération n’est toutefois pas un traitement de première intention et reste rare.